[Roubaix - janvier 2026]
║Dans la peau. [Revue]
samedi 17 janvier 2026
Une si petite envie d'existence
[Roubaix - janvier 2026]
samedi 10 janvier 2026
À partir de la fin pour aller au commencement
D'incidents en accidents, de catastrophes en cataclysmes, la vie quotidienne devient un KALÉIDOSCOPE où nous affrontons sans cesse ce qui vient, ce qui survient inopinément, pour ainsi dire ex abrupto ... Dans le miroir brisé, il faut alors apprendre à discerner CE QUI ARRIVE, de plus en plus souvent, mais surtout de plus en plus rapidement, de manière intempestive, voire simultanée. Devant cet état de fait d'une temporalité accélérée qui affecte les mœurs, l'art aussi bien que la politique des nations, une urgence s'impose entre toutes : celle d'exposer l'accident du Temps.
_ Paul Virilio, L'accident originel
Ed. Galilée - coll. L'espace critique
| les éclats du miroir |
Vitesse des jours, du voyage la nuit, des perceptions
dans l'air imprévu d'une précision optique et dire que le temps presse
c'est en parcourant secrètement l'ombre de chaque mot et tout verbe d'âme
donner, façonner, chatonner, abandonner
moi à travers l'Autre, toi à travers l'image éloquente
ici, elle a tourbillonné à la première rosée d'un sourire
elle a laissé tomber une larme...
puis un océan goutte à goutte
sans style ni qualité aveuglante
à ce rien de grave qui la tient
jusqu'au frémissement
de l'accident
dimanche 4 janvier 2026
L'ennemie du mépris | Je suis ce qui me manque
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| tenir parole |
c'est exactement ce que je n'attendais pas
être au seuil d'une surprenante, profonde rêverie
l'innocence des larmes à laquelle je ne croyais plus
avec des éclats de rire que l'émotion illumine dans le giron de l'intime
l'amplitude d'une vérité, ce qu'elle retient sur le chemin de la lecture
la chair de l'ombre longtemps mûrie sous la mienne et qu'il faut écouter
toute la musique interdite mais sentie dans les yeux irresponsables
je peux dire que les années m'ont révélé le goût des formes particulières
avec la température du corps que les approches, les détours, l'art engendrent
— sais-tu comment se mesure la sincérité ?
parfois par des mots simples, j'ai nettoyé la cuisine de l'hypocrisie
des grands mets chauds puis froids devenus tièdes,
des couverts brûlants, leur mépris en reste
oui, je peux lever un jour et crier silencieusement au monde
du monde qui donne sa science aux jugements paralytiques
je comprends la jeune femme que j'étais, hors du cortège
celle qui n'entendait pas l'ordre de la négligence
je pense encore que " s'éviter " exige tout de soi
mais que les changements sont continus dans la marche
alors aller au-delà de soi
▫
J'étais ignorant et sot, démuni de tout, faible de toute la faiblesse du monde et encore affaibli de mon stupide orgueil et de ma volonté sauvage de rêver encore (pas même conscience de ma volonté de bête de rester dans le rêve), mais quelque chose en moi prévoyait où j'allais, me tenait sur mes gardes, m'obligeait à une absurde et sublime - oui, sublime - réserve, quelque chose qui me donnerait aujourd'hui envie de pleurer, de reconnaissance, devant cette infinie prévoyance, infiniment douce, attentive et tenace, et bornée, maternelle et bestiale, ma prévoyance à l'égard de moi-même, la profonde et farouche mère que j'étais à l'égard de moi-même comme fauve.
————
Rester pauvre et toujours ignoré.
[Fragments d'âme, 1938-1993]
extraits : p. 86 « Moraliste », en effet / p.94 Le drame d'écrire
La fabrique éditions
lundi 29 décembre 2025
Par égard : passer par la main
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| encore dessous |
la musique à l'aube — fugitive
un pas en douce et foutue fugue
l'incertain vers l'inconnu
je monte je descends
la scène de l'horizon
sentir la morsure du temps
suivre l'objet de l'amour
vivre l'humidité du ciel
les nuages ont peur
...
un mot fort après un autre
que la mémoire choisit
et à l'endroit des tumultes
qu'il faut caresser des paupières
sans réflexion aveuglément
la réverbération des noms
la vision d'une fleur à cheval
sa nudité sa liberté
c'est ce moment
dans les airs
ou jamais
d'ailleurs
je veux dire la réalité
de ce qui touche la nuit profonde
la fleur comme une paume
le cheval dans sa parole
la véhémence inévitable
entre les plis du corps
tout se déroule
dans l'allégresse du verbe
nu-libre
être là
pour cette musique
imprégnée de vie
fragile
jeudi 25 décembre 2025
Liminale
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| MMG #88 |
malgré le froid et sa danse lente
je galope transie vers un émoi différent
et qu'importe la vision fébrile
du beau visage qui m'emmène
là - sous son influence
il était temps que le soleil tombe
des ombres se réchauffent
toute la noblesse du doute
le frémissement indicible
sous le poème simple
que j'imprime au bord des lèvres
une langue est de parler, une autre de voir
des mots et des yeux tiennent ma voix
et voilà la parole à cheval heureux
...la monte des verbes
lundi 15 décembre 2025
Avec les yeux de chat
parfois l'on se trompe de route, d'approche, de regard
la paupière droite absorbant le sens interdit
la clameur intime sous la gauche
comme une déclaration
à l'école du risque
un trait au crayon noir au dessus de la ligne
le temps écoulé sous les doigts fragiles
et c'est toute la non conformité
d'une passion tracée
visible
aussi
je me suis souvent trompée de ciel
aveuglée par la lune et l'indiscipline des étoiles
longtemps perdue dans l'immensité du monde
la sincérité lascive derrière ce "je" qui parle
à en pleurer de vive émotion
les fins d'être femme
la peau de velours qui reflète le trouble
cette peau franchie par le récit
vulnérable
indéniable
une lettre qui voit la musique dans son langage
le murmure inouï des conséquences
celle qui ronronne à son toucher
ai-je été cette animale ?
carnet / photographies : parole demandée et parole donnée
― Bruxelles, 13 décembre 2025
mercredi 10 décembre 2025
ô philoi, oudeis philos
mais comme toute vision sensible, bruissante, profonde
il y a se sentir en l'ami et pourtant ne pas y être
sensation d'existence trompée par l'émotion
▫
« mes amis, il n'y a pas d'amis »
Sentir que nous vivons est doux en soi, puisque la vie est par nature un bien et qu'il est doux de sentir qu'un tel bien nous appartient.
(livres huit et neuf)
in Giorgio Agamben, L'amitié
Ed. Rivages poches / Petite Bibliothèque




