J'ai pensé que nous avions des parents
pour nous permettre seulement de pouvoir les embrasser
et sentir leur odeur, pour le plaisir
_ Marguerite Duras, La vie tranquille
![]() |
| état civil |
je vous écris cette lettre du jardin de ma mère
de parler d'amour la nuit, je vous écris du rêve d'y être encore
est-ce sentir l'air d'un corps, est-ce l'écouter derrière sa faiblesse ?
il n'y a plus de lumière de plein été près des buissons épineux
les mauvaises raisons de la vieillesse m'ouvrent le ventre
il y a une odeur fraîche qui danse sur l'herbe du nombril
elle monte elle descend tous les accords des fleurs
elle ne sait plus courir à toujours chercher
l'évidence derrière les yeux pleureurs
je vois là l'horizon se tromper de jardin
comme l'incertitude de mes mots allongés
les ombres apparaissent avec l'odeur du temps
et le souffle mouillé contre le rêve blanchi
c'est le fol éveil de l'aurore tubéreuse



