vendredi 11 novembre 2016

Une chambre à soi de Virginia Woolf ( Les fibres naturelles et sauvages )




                                    Mon coeur est comme un oiseau qui chante,
                                    Et dont le nid est dans la jeune branche humide,
                                   Mon coeur est comme un pommier,
                                   Dont les branches ploient sous les fruits serrés.


Les mots de Christina Rossetti étaient peut-être partiellement responsables du délire d'imagination _ car il s'agissait bien entendu que d'imagination _ qui me fit voir des lilas balançant leurs fleurs au-dessus des murs de jardins, des papillons couleur soufre, s'enfuyant de-ci, de-là, des poussières de pollen volant dans les airs. Le vent souffla en provenance de je ne sais où, soulevant les feuilles à demi écloses, si bien qu'une sorte d'éclair gris argent traversa les airs. Nous étions entre chien et loup. C'était l'instant entre chien et loup où les couleurs s'exaspèrent , où les violets et les ors enflamment, comme les battements d'un coeur impressionnable, les carreaux des fenêtres.

          _ Virginia Woolf, Une chambre à soi, Bibliothèques 10/18.
                ( traduit de l'anglais par Clara Malraux )




                 Derrière les années folles-impétueuses de la cage,
                 des femmes hybrides se baladent au cil des scènes.
                 Maintenant le motif insufflé, leur iris commune est fixée.