Débarrasse-toi des arrangements, la musique n'est pas un caprice. Elle ne tient pas à l'exigence. Écoute-la, elle sort quand tu t'absentes du doute, elle rentre en toi quand tu n'attends pas. Ne pressens pas l'inutile et l'inconvenable. La musique est partout, sous l'épaisseur du désir, sous le voile de l'illusion. Ce que je te dis là est irréfléchi. Il ne faut pas de grands moyens pour la reconnaître si tu entends vivre de sons sans la demande de l'oreille. Je t'écris et tu ne sais pas que c'est à toi que j'écris, la musique vient sans s'annoncer. Elle ne cherche pas les mots, le vocabulaire fuit son élan. La musique est ce silence parlé que l'émotion forme. C'est l'impossibilité d'un coup de force et la négation de l'impossible traversant le monde ― compositions d'images bruyantes. Saisie de son approche sensible qui détourne l'immédiat. La question qui ne permet pas qu'on l'entende comme immédiatement sensible ― la pause en elle ― l'intermittence ou le battement. Là où le vide trouve le chant, permet l'échange. L'autre jour, l'autre libéré de sa langue. Se tenir à l'écoute, doucement, je t'écoute.

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