dimanche 21 juin 2026

En voyant la vague, être dans de beaux linges


                                                                              arrebatada


suis-je la bouche du feu                  suis-je l'oreille de l'eau
le soleil tombe dans ma gorge
je questionne l'écriture


la tendresse du nom monte
elle redéfinit ce qu'est la beauté 
descend au fond de ma poitrine
une chanson gitane crépite
le travail, les vertus se cabrent
c'est le concert de la langue libre


et il y a toi que je vois
 à l'intérieur de l'écriture
je m'enfonce                 lie mouvant                  je m'enfouis
jusqu'aux eaux de l'appel
je délire des ondines 
les robes déboutonnées
le soleil tombe plus encore
il fait beau et noir camarade
irraisonnablement

les plis de tes lèvres 
s'expliquent à mes mains ouvertes
c'est une image en vie
                  

tu vois
approcher la vérité
je chantonne contre toi
 le ciel humide surprend la mélodie 
lieu de la question et de toutes ces choses
cultivées dans les cellules intimes
 

là au fond
c'est ce que je suis
la matière remue et elle se hâte du son
souvent elle s'appelle chatte
                  
toujours en soi
c'est trembler au temps
la fureur passionnelle
percée des mots
avec
la réplique
la membrane politique
le lait jailli de la racine
le cri murmuré
l'art d'aimer






La canción de una perfecta sería la repetición de dos notas entre sí, alarggando su duracíón y efectos. Pero la madre no quiere ser fasccinadora de serpientes, aunque en el fondo emplee la misma técnica.
Tiene necesidad de la palabra para mantener al niño pendiente de sus labios, y no sólo gusta de expresar coas agradables mientras viene el sueño, sino que lo entra de lleno en la realidad cruda y le va infiltrando el dramatismo del mundo.


La berceuse parfaite serait la répétition de deux notes entre elles, qui prolongeraient leurs durées et leurs effets. Mais la mère ne veut pas être une charmeuse de serpents, bien que, dans le fond, elle emploie la même technique. 
Elle a besoin des mots pour maintenir l'enfant suspendu à ses lèvres, et pas uniquement pour le plaisir de lui exprimer des choses agréables pendant que le sommeil vient, mais aussi pour le faire entrer de plain-pied dans la cruelle réalité et lui insinuer la puissance dramatique du monde.



_ Federico Garcia Lorca, Las Nanas infantiles Les Berceuses
extrait p. 30/31. Trad de l'espagnol par Line Amselem
Éditions Allia



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