mercredi 18 octobre 2017
Le frottis court ( en tête )
Les deux mains senties contre le visage
plus qu'une suite enveloppante appelés nous
autres nous - différents
la vision parlée du tact
j'ouvre enfin le corps des parenthèses
samedi 14 octobre 2017
Muurwerk, la lune éclaire ruelle de l'aurore
Réalisation : Wolfgang Kolb
Chorégraphie / interprétation : Roxane Huilmand
Film : Philip Maendly
Son : Ricardo Castro
Musique : Walter Hus
[Belgique / Pays-Bas]
La parole est une hystérie
qui relève de la frustration
qui par ailleurs la compense.
Vous êtes si loin.
_ Sophie Podolski,
Le pays où tout est permis
[Belfond, 1973]
vendredi 6 octobre 2017
Guipure
Elle était un rideau en rouleau dense sur le mur
j'ai longtemps cherché comment dégrafer son corset
une par une les croches noires sur le fourreau
sa carnation ne finissait plus son soulèvement
les cartes satins étaient figées dans le corridor
et les balcons à lourde échelle sifflaient
l'épouvante
femme séquence
mais quand ses bras ont loué les vaisseaux
les pavots d'orient ont envahi son corps
elle invoque le parcours
j'invoque la sève des plaies
la rame couveuse de passion
des images mises en pièces sur mes failles
des espaces abreuvés par nos flots
désordonnés courants
un air de nuit caressée
plus d'attelle
mercredi 27 septembre 2017
Papillons de nuit : il vit l'absence, je vis la sienne
il vit l'absence, je vis la sienne
◊
zwei liebende Motten zusammen
handtellergroß vier entfächerte
Fächer schwarz und grau
mit gelben Punkten sie fallen
schwarz herunter von Decke zu Decke
fallen ohne sich zu trennen
au plafond de ma chambre accolées
deux phalènes amantes
grandes comme une paume quatre vantaux
d'éventails noirs et gris
avec des points jaunes elles tombent
noires de plafond en plafond
tombent sans se désunir
_ Helga M. Novak
Nachtfalter/papillons de nuit,
extrait du recueil Wo ich jetzt bin, in Chaque pierre orpheline,
traduction de l'allemand par Élisabeth Willenz.
[Éditions Hochroth, Paris, anthologie bilingue conçue par D. Kraus, 2013]
lundi 25 septembre 2017
La boucle en bouche
Ils se nantiront alors
du regard passé sur la bouche
un premier temps pour l'aveu
et puis un regard débutant
elle portera l'ébauche
— défilée du trousseau
maestria des voies maçonnes
une posture à manquer la parade
il trouvera l'expérience interminable
et il voudra ardemment la lire
décachetée — défaisant
la cause nappée sur leur langue
beau est ce qui ne se gagne pas ni se perd
— insatiablement elle nourrira le jeu
et comme les vivaces
au calice ou douce-amère
soulevant des origines labiées
ils embrasseront en boucle la laize
vendredi 22 septembre 2017
Tout pli vient d'un pli, plica ex plica ‖ Merci pour les femmes étreintes
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| Merci pour les femmes étreintes |
Se divisant sans cesse, les parties de la matière forment de petits tourbillons dans un tourbillon, et dans ceux-ci d'autres encore plus petits, et d'autres encore dans les intervalles concaves des tourbillons qui se touchent. La matière présente donc une texture infiniment poreuse, spongieuse ou caverneuse sans vide, toujours une caverne dans la caverne : chaque corps, si petit soit-il contient un monde, en tant qu'il est troué de passages irréguliers, environné et pénétré par un fluide de plus en plus subtil, l'ensemble de l'univers était semblable à " un étang de matière dans lequel il y a des différents flots et ondes ".
_ Gilles Deleuze, Le pli - Leibniz et le baroque
[Les Éditions de Minuit]
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