samedi 14 février 2026

La fin de l'écriture


                                                                              la persienne

si elle n’écrit pas  la main remue la nuit et avec elle tout est là - troublant les visages la chaleur l’odeur du sel dans le couloir au fond humide le nom de toutes les peaux qu'elle aime

quand une chose est dite elle est indélébile parce qu'elle a touché l'infinitif du verbe elle se fond aux faits du profond dedans elle se cogne aux parois du doute elle se dénude au sang cette trace gravée le long des doigts la main ouverte et refermée j'ai parlé sans ponctuation la respiration bruyante et toujours en souriant
vient l'immensité de l’obscurité

je suis cette chose encore étreinte en posant ma paume sur son ombre en marchant à l'intérieur de moi
mais il doit être tard je ne vois plus rien égarée dans le puits d'hier éblouie par le geste
ici la nuit invite le jour au drapeau rouge

au retournement du miroir des mots aurais-je écrit la mort dans un chuchotis ?


encore ...

et la main distille encore le miel noir de ma bouche une nuit dévoilée un jour égal et encore ce n'est rien

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