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| la persienne |
si elle n’écrit pas la main remue la nuit et avec elle tout est là - troublant les visages la chaleur l’odeur du sel dans le couloir au fond humide le nom de toutes les peaux qu'elle aime
quand une chose est dite elle est indélébile
parce qu'elle a touché l'infinitif du verbe
elle se fond aux faits du profond dedans
elle se cogne aux parois du doute
elle se dénude au sang
cette trace gravée
le long des doigts
la main ouverte et refermée
j'ai parlé sans ponctuation
la respiration bruyante
et toujours en souriant
vient l'immensité
de l’obscurité
je suis cette chose encore étreinte
en posant ma paume sur son ombre
en marchant à l'intérieur de moi
mais il doit être tard je ne vois plus rien
égarée dans le puits d'hier éblouie par le geste
ici la nuit invite le jour au drapeau rouge
au retournement du miroir des mots aurais-je écrit la mort dans un chuchotis ?
encore ...
et la main distille encore le miel noir de ma bouche une nuit dévoilée un jour égal et encore ce n'est rien
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