mardi 16 octobre 2018
Ou de l'être ou de l'avoir
comme
différence rivale
par-dessus les airs
une imprévoyance
à une précise envie
elle est la parole rêvée
elle est aussi envisagée
une initiale excessive
sur les lèvres
sensibles
mais au bout du compte
nous sommes en retard
nous éprouvons le geste
mais personne n'attend
le corps et la cause
dans le feu
quant à lui
l'originaire
il marche sur le port
une déesse relevante
dans son pas
samedi 6 octobre 2018
Elle/Lui ou ... plus loin ( zodiaque en Arles )
hors cadre [Arles VIII.16] |
ELLE : As-tu jamais connu l'amour ?
LUI : Quand vient l'hiver, la passion
pour une chose absente m'effleure, je lui
donne un nom, n'importe quel nom, puis j'oublie ...
ELLE : Qu'oublies-tu ? Avoue !
LUI : Le frisson de fièvre et mes délires
sous les draps lorsque je sanglote :
Couvre-moi, couvre-moi !
ELLE : Ce n'est point d'amour que tu parles.
LUI : Ce n'est point d'amour que je parle.
ELLE : As-tu éprouvé le désir de vivre
la mort dans le giron d'une femme ?
LUI : Chaque fois que l'absence s'accomplit,
je me présente ...
Le lointain se brise, la mort enlace la vie,
et la vie enlace la mort ...
comme deux amants.
ELLE : Et après ?
LUI : Et après ?
ELLE : Uni à elle, tu ne distingues plus ses mains
des tiennes et, vous évaporant tel un nuage bleu,
vous ne savez plus si vous formez deux corps...
ou deux ombres ... ou ... ?
LUI : Qui de nous deux est la femelle,
métaphore de la terre ?
Qui, le mâle-ciel ?
ELLE : Ainsi sont nées les chansons d'amour.
Tu as donc connu l'amour, un jour !
LUI : Chaque fois que le quorum a été atteint
et l'inconnu apprivoisé ...
je me suis absenté.
ELLE : C'est l'hiver. Je suis peut-être devenue
ton passé préféré, l'hiver.
LUI : Peut-être ... Alors, au revoir.
ELLE : Peut-être ... Au revoir.
_ Mahmoud Darwich,
Comme des fleurs d'amandier ou plus loin
poèmes traduits de l'arabe ( Palestine) par Elias Sanbar
[Éditions Actes Sud]
dimanche 23 septembre 2018
Ce qui reste │l'aube joue de la folie
un temps passé de mes errances froides
sur la beauté du précipice et dans l'angle
ébloui par un oiseau enchanteur
il faut être silencieux
il faut aussi caresser le cri
de ce qui reste
mercredi 12 septembre 2018
Corps simple
l'air froid violent
— je ne l'ai pas choisi
toutes les vérités des nuées
résidentes involontaires
coulent charnues
la confiance vacille
sur le bout des doigts
des pages se tournent mais s'arrachent
les signets teintés d'iode tombent
ils s'éparpillent à la lumière du pas
et toutes les vérités rougissent
pour s'entendre palpiter
tant le corps est gris
samedi 8 septembre 2018
Moire
reflet vivant
dans le corridor
pas la mère pas l'amante
tout le corps tenu sur un point infini
de la simple griffe à la chair crantée
les veines basses leurs vagues enfouies
il marche avec son sac noir messager
il entend l'immuable au hasard
prend l'étendue de la rosée
que les vagues rejettent du ventre
la projection creuse toujours
l'indésirable du désir
l'être du reflet
être ce reflet
changeant
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