vendredi 23 février 2018
À l'embouchure du dicible
(...)
et c'est surtout avoir le sentiment de partager ces gestes et ces rites avec d'autres, au-delà des frontières et des nationalités, partager ces choses devenues racines, tout en sachant à chaque instant qu'elles sont en même temps fragiles et essentielles, menacées par le temps et par les hommes :
fragments d'oubli et de mémoire, gestes que l'on retrouve
sans les avoir jamais appris, mots qui reviennent,
souvenirs de berceuses,
photographies précieusement conservées :
signes d'appartenance sur lesquels se fonde son enracinement dans l'Histoire,
sur lesquels se forge son identité,
c'est-à-dire ce qui fait qu'il est à la fois lui et identique à l'autre.
_ Georges Perec, Ellis Island
Description d'un chemin
[Éd. P.O.L]
Ce qui trace l'ardent souvenir,
ce sont nos pulsations données
à la limite de l'immuable.
dimanche 11 février 2018
La vie tranquille ( affleurée dans le vestibule )
Après des journées de solitude on finit par se plaire
dans son ignorance, par prendre avec elle d'un seul élan,
comme un bon feu.
_ Marguerite Duras, La vie tranquille
◊
À la contrée du monde,
elle trouve littéralement une poignée d'aurores
et ce qui survient du rêve entrouvert
au levant affleure tout son corps
de ce qu'elle exprime
― encore ―
pour elle seule
| Le vestibule # la suite |
mercredi 7 février 2018
Diaphragme à même un autre
« (...) l'écueil étincelant de la raison voudrait percer la nuit
pour épuiser mes eaux gorgées de mots et toucher l'ennui. »
À reprendre frileusement l'écriture
après plusieurs jours d'obstination,
Lyne envoyait valser des images.
samedi 3 février 2018
vendredi 26 janvier 2018
Focus
Il défigure
la volupté formelle
mes yeux revêt la lime
ils dévisagent l'apprêt
et c'est le retournement !
— l'entaille sur l'embu
l'illustration irradiée
sur le parterre
de la langue
samedi 20 janvier 2018
L'ouvrage | Bataille dans les entrailles
L'un est sûr, l'autre fabrique
le temps imaginaire à l'ébauche perpétuelle
[sans titre ― L'ouvrage]
◊
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................................................. les glaces
qui tapissaient les murs, et dont le plafond
lui-même était fait, multipliaient l'image animale
d'un accouplement : au plus léger mouvement,
nos coeurs rompus s'ouvraient au vide où
nous perdait l'infinité de nos reflets.
_ Georges Bataille, Madame Edwarda
[10|18, Jean-Jacques Pauvert éditeur]
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