tu ne m'as pas rêvée tu me vois bruissante derrière le poème tu lis l'origine limpide de l'audace la douceur des arilles de grenade que le fruit donne au temps au vent ne te limite pas au paysage fragmenté de mon corps écoute sa musique il résonne à vivre l'éclair l'âme libre il rit avec ta langue autour de toi des nuages dansent tu n'en comprends aucun mot la poussière des lettres sous ma peau sent le frôlement de tes mains et c'est le cri vermeil le jus de la grenade coule dans ma bouche comme un courant d'air dans son passage un rai de lumière sourdement je te rejoins là dans le vent de la langue les nuages sont éperdus et ma respiration est complice ne crains pas d'aimer
dimanche 15 septembre 2024
jeudi 5 septembre 2024
De l'attention avant l'aube
samedi 31 août 2024
La main sur une feuille humide
est-ce que la joie se transplante du corps
et si du souvenir elle s'enracine, aussi ?
avec les années regarder cette joie
intacte partie du fond d'ailleurs
respirée en toi en elle en lui
un jardin sans ligature
samedi 24 août 2024
IRM : ce que l'évidence ne sait pas
Corollaire. Peu de monde a une âme.
_ Pascal Quignard, Vie secrète
[Chapitre VIII Le secret]
Ed.Gallimard
| le corsage - Roubaix VIII 2024 |
peut-être l'abandon l'intuition précédée d'une déroute peut-être le dessin du corps nu sur la table quelque chose comme un grand bruit d'existence le signal du rêve pénétrant les tissus une liste de mots à franchir affranchie du langage un espace alimenté de tout son-suspens-sidéral peut-être la morsure dans l'écriture une vie dos contre dos une musique immobile dans le champ magnétique
mercredi 21 août 2024
La culbute
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| irrévocable |
devant la nuit et l'origine impossible
l'air sur moi est un souffle humide
qui s'offre enflammé à ma mémoire
je touche le ciel par sa grammaire
la brise mord doucement ma bouche
les éclairs du verbe glissent dans la voix
attention au nom qui voudrait la percer
— je ne suis pas la vapeur diffuse
— je ne suis pas la douceur entière
entre mes doigts un dialogue palpite
brune en perte de vitesse
dans ce calme bruyant
je désobéis au monde
vendredi 16 août 2024
N'explique pas le pourquoi, jamais !
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| autoportrait |sans titre| |
Une littérature arrêtée. Je sais que j'utilise cette expression de « littérature arrêtée » pour désigner aussi bien le journal intime que la photo. Dans l'autoportrait photographique, je dirai que ce sous-entendu « littérature-arrêt » se retrouve avec un exposant fort : l'arrêt est littéraire, bien sûr, mais il est comme montré du doigt alors qu'il est, sous nos yeux, en train d'avoir lieu. De toute façon, quoiqu'on aborde, c'est une affaire de redoublement qu'on associe.
Lié, donc.
Gathered.
Plan serré. La hantise du défait du visage, de la désunion de l'aspect général du soi.
_ Denis Roche, La disparition des lucioles
(réflexions sur l'acte photographique)
Seuil/Fiction & Cie - p.101


