samedi 22 octobre 2016

Le vêtement sans fin vu par Roland Barthes. ( Pan de dos )



                                                    Les tenues de ville se ponctuent de blanc.


Qu'on imagine (s'il est possible) une femme couverte d'un vêtement sans fin, lui-même tissé de tout ce que dit le journal de Mode, car ce vêtement sans fin se donne à travers un texte sans fin. Ce vêtement total, il faut l'organiser, c'est-à-dire découper en lui des unités signifiantes, afin de pouvoir les comparer entre elles et reconstituer ainsi la signification générale de la Mode.
Ce vêtement sans fin a une double dimension :
D'une part, il s'approfondit le long des différents systèmes qui composent son énoncé ; d'autre part, il s'étend, comme tout discours, le long de la chaîne des mots ; il est donc fait, ici, de blocs superposés  (ce sont les systèmes ou codes), là de segments juxtaposés (ce sont les signifiants et les signifiés et leur union, c'est-à-dire les signes).

              — Roland Barthes, Système de la mode. [ Le vêtement sans fin ]



                           Les unis armurés
                           ennoblissent la nudité.