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| Le Champ originel |
— « J'ai changé, et tu n'y es pour rien. »
Depuis combien de temps est-elle ce qu'elle est,
racontée par ce ce qui tremble et par elle-même ?
Fondue dans le mouvant ordinaire de la vie, elle n'est rien et elle invente une éclaircie lumineuse comme celle d'après la pluie pour divaguer, sortir de la nuit, glisser du grand désir, ruisseler du présent immobile. Être simplement l'eau de l'histoire, venue, écrite.
C'est un appel, elle appelle, un appel manqué.
Il rappelle, revient avec toutes les rumeurs assourdies du temps, du souvenir, de la bouche.
Les rives de leurs émotions s'opposent.
Elle laissera faire.
Elle l'écoute hors du jour, renversée par le crépuscule de sa voix.
Il est aussi lointain qu'un astre inatteignable et ce n'est pas sans raison. Le temps a écarté la nudité de leur lien au fond des mots. Le langage est un endroit découvert où l'affection aveugle. Mais il reste le nu de l'inconnu dans le vide du corps de l'autre. Une chaleur peut naître à tout moment
Elle n'est plus le bruit fort de plusieurs minutes.
Elle pourrait s'arrêter, ne plus écrire le silence considérable
et sentir encore plus fort ce qui s'écoule.
et sentir encore plus fort ce qui s'écoule.

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