samedi 29 novembre 2025

La source engloutie

                                                           Le Champ originel


— « J'ai changé, et tu n'y es pour rien. »

Depuis combien de temps est-elle ce qu'elle est, 
racontée par ce ce qui tremble et par elle-même ?

Fondue dans le mouvant ordinaire de la vie, elle n'est rien mais elle invente une éclaircie lumineuse comme celle d'après la pluie pour divaguer,
sortir de la nuit, couler simplement.
Être l'eau de l'histoire, venue, écrite. 

C'est un appel, elle appelle, un appel manqué.
Il rappelle, revient avec toutes les rumeurs assourdies du temps,
du souvenir, de la bouche.
Seule celle de sa respiration exhale la vérité du langage.
Elle laissera faire. 

Elle l'écoute hors du jour, renversée par le crépuscule de sa voix.
Il est aussi lointain qu'un astre inatteignable et ce n'est pas sans raison. Le temps a écarté la nudité de leur lien au fond des mots. Le langage est un endroit découvert où l'affection aveugle. Mais il reste le nu de l'inconnu dans le vide du corps de l'autre. 

Elle n'est plus le bruit fort de plusieurs minutes.
Elle pourrait s'arrêter d'écrire et sentir encore plus fort ce qui s'écoule.



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